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Le titre de l’exposition et de l’ouvrage « sans commencement et sans fin » résonne avec la citation de Montaigne (Les Essais). Mais aussi avec l’attachement de l’artiste au territoire méditerranéen – espace des possibles aux frontières fluides. Enfin avec le sens exacerbé de la métamorphose et de l’hybridation qui caractérise l’œuvre de Ciacciofera.

sans commencement et sans fin, est le catalogue accompagnant l’exposition de l’artiste Michele Ciacciofera au Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne-Château de Rochechouart (5 mars-13 septembre 2021). C’est aussi une « archive de métamorphoses » témoignant d’une œuvre polymorphe et en constante évolution.

Documentant les dix dernières années d’activité de l’artiste italien, l’ouvrage met en lumière sa contribution majeure à la reconstitution (et la revendication) d’un imaginaire transméditerranéen. Son expression visuelle et poétique s’étend à de nombreux domaines tous abordés par Ciacciofera ; qu’il s’agisse de pratiques ou de formes liées à l’artisanat et au théâtre populaire, à l’architecture millénaire, à des concepts mythologiques, à des codes symboliques, voire ésotériques. Des signes distillés sur un chemin multipistes, dérivant entre les ports de Sicile, les montagnes du Rif et les vestiges de Tyr. Au cours de sa vie Michele Ciacciofera a sillonné la terre entière, guidé par le tropisme « des » Sud et cultivant l’esprit du cosmopolitisme. Ses pérégrinations paradoxalement « habitées » sont autant d’occasions de s’immerger dans un écosystème et de laisser son processus de création s’hybrider à son contact. Elles résonnent anachroniquement avec les multiples invasions qui ont façonné la terre natale de l’artiste, celle qui est au carrefour de toutes ses dérives, la Sardaigne : grecque, romaine, arabe, carthaginoise, espagnole… Tous les voyages de Ciacciofera reflètent le rite initiatique permanent des multiples sites archéologiques visités, pierres sondées, alphabets déchiffrés, qui émaillent de leur présence fantomatique les œuvres de l’artiste. Il crée à la manière d’un archéologue qui ayant examiné une infinité d’objets en toute matérialité, se résout finalement à la recherche de leur aura perdue, plutôt que leur existence purement tangible.

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